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Histoire et Peuplement

La catégorie 2 « histoire et peuplement » regroupe des entrées permettant de vous informer sur nos connaissance passées et actuelles du processus historique en cours, notamment dans la caraïbe insulaire durant la préhistoire et l’histoire de la conquête caribéenne par les européens jusqu’à la fin du génocide amérindien. Le personnage historique central de cette catégorie est, à n’en pas douter, le « Découvreur » lui même, Cristophe Colomb. Plusieurs ouvrages lui sont consacrés, qui font tout à la fois la légende du personnage (typiquement « Admiral of the Ocean Sea ») et la réinterprétation de cette dernière.

La chute de grandes civilisations

Sur ce dernier point « La conquête de l’Amérique. La question de l’Autre » opère un virage crucial dans l’interprétation de la découverte-conquête, par le thème de l’altérité. Plongés tous deux dans un monde rendu méconnaissable par le contact colombien, européens et amérindiens ont réagi de manière différente à cet état de fait.

Lors de la conquête du Mexique par Cortès, les puissants Aztèques semblent avoir cédé à la panique mystique, une forme de sidération et de raidissement devant l’altérité, tandis que les faibles espagnols ont en miroir su souplement se fondre dans le rôle de contre-hégémon, grâce auquel ils reçoivent le soutien déterminant des peuples récemment conquis par les Aztèques.

En filigrane de cette histoire se dessine un paradoxe : si la culture « pragmatique » espagnole semble avoir triomphé à nos yeux, la culture « rituelle » Aztèque semble s’être préservée de la contradiction en annonçant à posteriori cette victoire même comme prophétisée.

Le « silence des Dieux » Aztèques justifie alors le silence de Moctezuma devant les espagnols non pas comme un acte de lâcheté mais comme seule réponse rationnelle à l’effondrement du monde connu.

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Dessin datant de 1550 du conquistador Hernan Cortès et de son interprète "La Malinche" (source wikipedia, libre de droit https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cortez_%26_La_Malinche.jpg )

La complexité de la phase de conquête 

Ce type de considération remet en question le récit suprémaciste européen traditionnel. L’étude de peuples amérindiens moins connus comme les Tainos ou les Kalinagos permet également de sortir un peu plus d’une vision du monde européocentriste. Mais s’il faut donner une histoire cohérente des amérindiens il nous faut également prendre en compte l’histoire européenne et ses grandes figures sociales. Le prêtre venu évangéliser aux Amériques est crucial dans la destruction, mais aussi la préservation de la culture amérindienne pendant les conquêtes espagnole et française.

Ce sont par exemple des prêtres qui écrivent les plus en abondance sur la religion, ou manque de religion supposée, autochtone. La religion catholique opère, comme en d’autres endroits du monde, un syncrétisme avec les croyances locales, ce qui fait qu’elle est aujourd’hui encore véritablement unique, ayant des courants comme la théologie de la libération qui ont une vraie incidence politique et un radicalisme assumé.

En observant les phénomènes sociaux internes au monde Taïno durant la phase de conquête, on remarque que certains caciques prennent dès le début parti pour les européens, au point que la couronne espagnole ordonne sans succès l’arrêt des fraternisations, de peur de perdre la main sur le commandement des opérations au profit des commandeurs espagnols locaux. En s’alliant aux nobles locaux, notamment par le mariage, les espagnols jouent également de leur inclusion dans la communauté taïno pour maintenir une image d’allié.

 

Le durcissement de la politique face aux indiens des espagnols par rapport à leurs début s’explique par les déclarations de guerre successives de caciques hostiles aux espagnols et au besoin de profit rapides des potentats locaux espagnols, qui cherchent à tout prix à trouver de l’or, pensée obsédante qui trouvera écho dans le mythe de la cité de l’Eldorado.

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Gravure d'esclaves noirs minant de l'or pour les conquistadores espagnols sur Hispaniola, datant de 1595 par Théodore de Bry ( source wikipedia, libre de droit https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Th%C3%A9odore_de_Bry_-_Esclaves_noirs_r%C3%A9coltant_l%27or_pour_les_colons_espagnols_%C3%A0_Saint-Domingue_%28gravure_du_XVIe_si%C3%A8cle%29.jpg )

La conquête des Petites Antilles

Le même système d’alliance sera en jeu dans la colonisation des petites Antilles par les Français. Les noyaux de peuplement kalinagos trouveront leur fin en Martinique quand, rendus inférieurs démographiquement par l’arrivée européenne, ils sont finalement lynchés par une foule de miliciens. Forcés de quitter leurs villages, certains s’assimilent à la société française, expliquant la prévalence des patronymes amérindiens en certains lieu de l’île actuelle.

D’autre partent dans les îles de Saint Vincent et de Dominique, où leur présence est reconnue par le traité de 1660 divisant les petites Antilles entre Français, Anglais et Kalinagos. Cette neutralité sera brisée par la Guerre de Sept ans (1756-1763), où l’Angleterre conquiert finalement la Dominique en 1761. A la Dominique, les Kalinago subsistent jusqu’à aujourd’hui dans un village de 3000 habitants. A St Vincent ils furent déportés en Amérique centrale, où ils forment aujourd’hui une communauté de 200 000 habitants connus comme Caraïbes Noirs, ou Garifuna.

Callina Charles Plumier HPR.png

Peinture d'un "homme caraïbe" par Charles Plumier en 1686 ( libre de droit, source art 9000 https://www.art9000.com/francaise/art/motifs/image/192/24/2135/index.htm )

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